L'éthologie s'intéresse à l'ensemble des facteurs (éléments) qui vont faire que tel animal va exprimer tel comportement. Ensuite, on s'intéresse aux motivations qui vont conduire l'animal à avoir un certain comportement. On parle alors de stimuli. Un stimulus peut être: l faut alors s'intéresser à la manière dont le stimulus va parvenir à faire réagir l'animal, à la manière dont le signal le stimule. Ce pourra être par le biais d'un ou plusieurs des 5 sens (encore que certains animaux se permettent d'en développer d'autres, comme le sens de l'orientation chez le pigeon voyageur, sens dont semble totalement dépourvue tante Agathe, incapable de trouver la Tour Eiffel à partir du Trocadéro.). Ou par ce que l'on appelle des signaux physiologiques, c'est à dire qui viennent de l'intérieur du corps. C'est là la source de grandes batailles chez les éthologues, biologistes, zoologues et autres scientifiques de la même veine. En effet, il est particulièrement difficile de déterminer, dans un comportement, ce qui est acquis de ce qui est inné. On peut dire que tout comportement acquis nécessite une capacité innée de pouvoir se développer et que tout comportement inné a besoin, le plus souvent d'une courte période d'apprentissage pour pouvoir s'exprimer. !Principes de l'éthologie moderne!
L'éthologie moderne est l'héritière des travaux de Konrad Lorenz, Nikolaas Tinbergen et Karl von Frisch (qui reçurent le prix Nobel de médecine en 1973). Cette partie en présente les principes en suivant la démarche exposée par Konrad Lorenz dans son ouvrage Les fondements de l'éthologie. l'école de la psychologie finaliste, selon laquelle les comportements des animaux sont entièrement instinctifs, ceux-ci poursuivant néanmoins un objectif « supra-naturel » fixé par un instinct infaillible. 7/10 sur 3 votes
Il s'agit en fait de l'étude du comportement animal tel qu'il peut être observé chez l'animal sauvage en milieu naturel, d'animaux en captivité, ou chez l'animal domestique. On situe les origines de cette science au XVIIe siècle, mais le nom date de 1854 (première utilisation connue par Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844)).
Le sens restreint et moderne donné au mot éthologie fait référence à une science plus récente : il s'agit de l'étude objective et scientifique des comportements animaux. Elle est notamment inspirée par les travaux de Konrad Lorenz (1903-1989) et Nikolaas Tinbergen (1907-1988) dans la première moitié du XXe siècle.
Il faut de plus inclure dans cette signification l'étude comportementale des êtres humains et des relations homme-animal. Le principe de base de l'éthologie étant d'utiliser une perspective biologique pour expliquer le comportement, cette science est aussi appelée « biologie du comportement ». Dans le champ de cette discipline sont apparues ou sont utilisées l'éthologie constructiviste, l'éthologie computationnelle, l'éthologie comportementale, qui s'appuient notamment sur le comportementalisme, behaviorisme et de nombreuses disciplines.
L'éthologie, pour faire simple, étudie le comportement animal et humain. C'est une science transversale qui chevauche des disciplines variées comme la biologie, la sociologie, la psychologie sociale, les neurosciences... et c'est cette variété des approches qui en fait tout l'intérét.
Cependant, l'éthologie est une science à part entière, avec ses constructions théoriques et ses méthodologies propres.
Les comportements sont réunis en grandes familles de comportements:
Par exemple, la baisse de votre glycémie (le taux de sucre dans le sang), ou hypoglycémie, entraîne à coup sûr la sensation de faim, stimulus puissant qui vous conduit tout droit vers votre réfrigérateur.
L'éthologie s'intéresse aussi à la manière dont les comportements se construisent. Ils peuvent donc être:
Par exemple, les êtres humains ont une aptitude innée pour le langage verbal. Mais, si un enfant, pour une raison quelconque, ne se trouve pas dans un environnement favorisant l'apprentissage du langage parlé, il peut voir son aptitude diminuer, voire disparaître (ce qui est précisément le cas des enfants "sauvages").
Un comportement peut aussi se construire selon deux modes différent, selon deux processus évolutifs diamétralement opposés:
En une phrase, on peut dire que l'éthologie est l'étude des comportements communs à une espèce, indépendants de l'apprentissage par imitation entre congénères, de ceux de la même espèce.
À l'époque où il élabore sa théorie, Konrad Lorenz distingue deux grandes écoles de pensée qui s'opposent radicalement :
Le point de départ de Konrad Lorenz est de faire une étude anatomique comparée du comportement des animaux (ce qui était inédit), tout comme on faisait à la même époque une étude des caractères morphologiques. Il constate alors qu'il existe des comportements moteurs (par exemple des mouvements de pariades) dont les similitudes ou les différences d'une espèce à l'autre se présentent exactement de la même manière que les caractères morphologiques, en dépit des différences environnementales ou des effets de la vie en captivité. Selon Konrad Lorenz, ces comportements moteurs constituent des caractères spécifiques d'une espèce et leurs similitudes ou différences ne peuvent être expliquées autrement que par leur descendance d'une forme ancestrale commune.
Il en arrive donc à la conclusion que certains comportements sont inscrits dans le génome des animaux ; ils sont instinctifs, et même si l'animal est en mesure de poursuivre un certain objectif par un comportement adapté et variable (généralement la survie), cela n'a rien à voir avec une signification téléonomique telle que le concevaient les finalistes.
Mais il ne résume pas non plus le comportement d'un animal à un enchaînement de réflexes, qui seraient des réactions instinctives à des stimuli externes. Konrad Lorenz met en évidence le fait que les comportements ont un fondement physiologique indépendant. Selon lui, ils reposent sur un mécanisme de coordination centrale et une production endogène d'excitation, qui permettent de répondre sélectivement aux stimuli de l'environnement en les filtrant. Tant qu'un comportement n'est pas utilisé, il est inhibé par l'appareil physiologique, ce que l'on représente sous la forme d'un « seuil d'activation ». Un comportement ne se déclenche que par la conjonction d'une excitation interne élevée et d'un stimulus externe correspondant qui provoque le dépassement de ce seuil d'activation. C'est le mécanisme inné de déclenchement co-inventé avec Nikolaas Tinbergen.
À cela s'ajoutent des mécanismes d'apprentissage qui modifient ces seuils. Effectivement, Konrad Lorenz constate que les animaux parviennent à une amélioration adaptative de leurs mécanismes comportementaux. L'explication qu'il propose est que la réaction conditionnée à un stimulus fait partie d'un cycle régulateur, dans lequel la réussite ou l'échec du comportement conditionné agissent sur son facteur déclencheur, le seuil d'activation. Cela permet ainsi la vérification de sa valeur adaptative (est-il favorable ou non à la conservation de l'espèce ?) et par suite son encouragement ou sa suppression par modification du seuil d'activation. Il y a ainsi un lien direct entre la réussite d'une séquence comportementale et son déclenchement futur. On retrouve ici un aspect de la théorie darwinienne de l'évolution.
Le comportement des animaux est donc très complexe, et son étude ne doit pas se baser sur une opposition entre les notions d'inné (ce dont un être dispose à sa naissance) et d'acquis (ce qui est appris après la naissance) comme le supposaient la plupart des éthologistes, mais sur leur coexistence au sein du psychisme de l'animal.
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